Edito #1 : Assumer le jeu vidéo

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edito assumer le jeu vidéo

Depuis 2008 que j’écris, je n’ai jamais vraiment pris le temps de me poser pour écrire autre chose que des tests et avis. Il y a bien eu deux trois articles différents comme celui où je me demandais qui des blogueurs ou des journalistes jeux vidéo fallait-il croire quand on doit choisir un jeu. Ou encore un article où je posais la question « Qu’est-ce que le bon goût ? » qui parlait de la pensée unique sur Twitter. Ces deux articles sont partis dans le néant d’Internet malheureusement. Cependant je tente quelque chose de différent aujourd’hui. Je prends le temps d’écrire mon premier éditorial qui traite du fait d’assumer le jeu vidéo.

Le début

edito assumer le jeu vidéoJ’ai commencé à jouer aux jeux vidéo avec la Megadrive de Sega, la Super Nintendo a ensuite pris le relais pour finir aujourd’hui avec la Playstation 4. Jouer est donc ancrer en moi depuis que je suis enfant. Avec mes amis de l’époque scolaire, c’était facile de parler des jeux auxquels on jouait ou de s’imaginer ce que donneront les prochains jeux. Aucun de nous n’avait honte de parler de jeux vidéo, sûrement l’insouciance de l’enfance. Je me rappelle d’une discussion sur une rumeur comme quoi les véhicules de GTA San Andreas auraient besoin d’essence pour fonctionner. La plupart de mes amis jouaient aux jeux vidéo. Ca parlait de la Gamecube, de la PS2 qui existait en plusieurs coloris ou encore des sessions de Counter-Strike au cyber-café du coin, qu’on prenait d’assaut le midi ou après les cours au collège. Trouver les personnes avec qui jouer à l’époque, était assez facile car c’était souvent nos copains de classe.

Arrive la période du lycée, où on commence tous à devenir un peu con, à vouloir se pavaner et à se mettre en avant. Pour ma part, j’étais un élève normal sans histoires avec des amis qui ne jouaient pas trop. Je devais presque cacher le fait que je jouais car je ressentais un certain regard moqueur envers ma personne. Je continuais à lire les magazines, les sites comme jeuxvideo.com et à m’intéresser à toute cette industrie dans mon coin. Mon lycée passée sans encombre, j’arrive à l’université où je découvre clairement un autre monde.

Enfin soi-même

On est en 2008 et je débarque en licence d’information et communication. Je retrouve unedito assumer le jeu vidéo ancien pote du collège que j’avais perdu de vue. C’est Morgan, ancien pigiste chez So Foot, qui m’a fait découvrir pas mal de sons Hip-Hop. Il a participé en bonne partie à ma culture Hip-Hop. Tenant aussi le blog « Les Chroniques d’Escobar 56 » où il partageait ses avis sur les derniers albums de Hip-Hop et sur les films sortis au cinéma, il m’a inconsciemment influencé à me lancer dans la blogosphère. C’est alors que je découvrais Gameblog et sa partie communauté où on pouvait ouvrir un blog gratuitement. On en était au début de Gameblog où Rahan et Caféine étaient encore autour de la fameuse à table à repasser des podcasts. J’ai écrit beaucoup d’articles en profitant du référencement de Gameblog. Je pouvais enfin partager ma passion comme je l’entendais, sans préjugés et avec une certaine fierté. La communauté de cette période était cool et bon enfant. Je ne reviendrais pas sur le tournant déplorable qu’a pris Gameblog ces dernières années.

Je suis ensuite passé sur WordPress d’abord en gratuit puis payant, où feu Un Jour, Une Critique ou pas vit le jour. J’y parlais toujours de jeux vidéo, cinéma et musique. C’est aussi durant la fin 2009 que j’ai découvert Twitter et d’autres blogueurs tout aussi passionnés que moi. Au premier abord, j’hésitais à engager la conversation avec ces derniers, ne sachant pas trop quoi dire. Je me mouillais la nuque et je me lançais dans le bain du micro-blogging. Je pouvais enfin être moi-même en parlant de jeux vidéo librement sans un regard railleur de la part des autres. C’est à force d’écrire et de partager cette passion que j’ai pris confiance en moi et d’assumer jouer aux jeux vidéo et d’en parler.

Le monde professionnel

edito assumer le jeu vidéoL’idée de cet article est venue en lisant le dossier « Le jeu vidéo, paria de la culture ? » écrit par Christophe Butelet et Kevin Bitterlin, dans le dernier numéro de JV Le Mag. On y découvre que le jeu vidéo est toujours considéré comme une activité non-culturelle pour 63% des Français sur un échantillon de 1500 personnes. Que ce soit dans le cadre privé ou professionnel, le jeu vidéo est perçu d’un œil étrange par la plupart des gens malgré des innovations comme la Wii qui a rassemblé joueurs et non-joueurs. Pour en revenir au cadre professionnel me concernant, je voulais m’exprimer sur le fait d’intégrer le jeu vidéo son CV et même durant les entretiens. Pour ma part, j’ai toujours inscrit que j’aimais les jeux vidéo, plus précisément la culture jeu vidéo. Une tournure de phrase, qui selon moi, parait moins enfantine ou adolescente qu’a le jeu vidéo.

J’irais même plus loin en abordant le numérique où le geek a toujours une image de jeune homme coincé dans sa chambre devant son PC. Dernièrement, j’ai eu le cas où je passais un entretien pour un emploi. La personne en face de moi relisait mon CV en énumérant mon parcours et mes compétences. Ce sont ces dernières qui l’ont interpellé. Durant ces dernières années, j’ai appris à utiliser Photoshop, Première, Final Cut, WordPress ou encore des règles de SEO. La personne me sort « Mais vous êtes un vrai geek ». Même si elle me confirmait pour elle que cela n’avait rien de péjoratif, pour moi c’était le cas. Je n’aime pas du tout ce mot, je le trouve presque humiliant et dégradant. Que ce soit le gamer ou le geek, il y a une forme de mépris et d’hypocrisie de la part des personnes et des médias généralistes alors qu’il y a plus en plus de joueurs et que l’industrie vidéoludique rapporte des millions chaque année. Les entreprises sont bien contentes de trouver des geeks pour les nouveaux métiers du numérique qui prennent de plus en plus d’importance.

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