Avis : Suicide Squad

On ne va pas refaire le couplet des super-héros au cinéma. On le sait, ils sont partout et encore présents pour un bon moment. Cependant, les vilains n’ont jamais eu de film leur étant dédié. C’est alors que Warner Bros et DC Comics ont eu la bonne idée (sur le papier) de mettre en avant la Suicide Squad sur grand écran. Car je dis bien sur le papier, c’est en réalité un naufrage que se prend le film de David Ayer depuis deux semaines. Explications hautes en couleurs.

Mon attente vis-à-vis de Suicide Squad était approximativement la même que celle pour Deadpool. Je m’attendais à un film rafraichissant, qui ne se trimballe pas les mêmes poncifs que les films de Marvel et DC. Le deuxième est plutôt réussi mais alors le premier est juste derrière Batman V Superman, c’est pour dire. Comme on le sait, la production du film a été un peu tumultueuse où des reshoots ont été ordonnés pour aseptiser le long-métrage. En effet, entre le premier teaser et le film, il y a un gouffre d’ambiance qui sépare les deux objets cinématographiques. Ce qui devait être un film basé sur des méchants est en fait un film sur des gentils pas méchants à part le Joker, on reviendra sur son cas après.

avis suicide squadAmanda Waller réunit une équipe de super-méchants pour contrer une menace magique. Ces derniers sont sous son contrôle grâce à une mini-bombe injectée dans leur corps qui peut exploser à tout moment s’ils n’obéissent pas. Magnifique scénario qui tient sur du papier toilette. Si ça ne suffisait pas, David Ayer, réalisateur de Furi ou encore Sabotage, se torche littéralement le fondement avec ses personnages. On retiendra juste le trio de tête que son Harley Quinn, Deadshot et le Joker. Le reste fait seulement acte de présence et de mort (coucou Spliknot et El Diablo). Commençons par Harley Quinn qui se retrouve en tant qu’objet sexuel et même plus, une pute. Le personnage crée par Bruce Timm est avant tout un fantasme ambulant pour le stéréotype du geek. De plus, Margot Robbie n’est pas des plus extraordinaires dans son rôle. Bien dommage car le personnage est de base intéressant de par sa relation avec le Joker. Will Smith qui incarne Deadshot est en fait un papa poule/tueur à gages, bien trop présent à l’écran. Dire que le film est mené par Deadshot est un doux euphémisme tant il fait la part belle aux dialogues. Puis le jeu d’acteur de Will Smith est toujours le même. Le méchant tueur à gages qui veut être un bon papa aux yeux de sa fille. On l’a vu des centaines de fois ce rôle au cinéma. Dernier personnage et pas des moindres, le Joker. Véritable icône de la pop culture, le Joker de Jared Leto était attendu au tournant. Pour un total d’environ 15 minutes sur tout le film, le Joker n’impose  pas grand-chose. Aucune véritable aura ne se dégage du jeu de Leto, qui tente tant bien que mal de faire vivre son Joker gangsta tout droit sorti d’un clip de Rap US. De même la relation Joker/Harley Quinn en est presque réduite à un proxénète qui siffle sa prostituée. Le Joker ne sert véritablement que de background à Harley Quinn quand cette dernière a des flashbacks. En résumé, les personnages sont sous-exploités ou complètement foirés.

Reste que le montage ne sauve pas les meubles et on passe facilement d’une scène à l’autre sans véritable transition scénaristique. Le début du film en est un parfait exemple où trois musiques différentes sont utilisées pour des scènes assez courtes. Un choix assez bizarre pour ouvrir un film. Concernant les effets spéciaux, ils sont plutôt réussis pour le personnage d’Enchantress. Le combat final reste illisible pour vraiment apprécier. Clairement le film tient sur pas grand-chose.

Suicide Squad devait apporter une bouffée d’air frais dans le monde des super-héros mais c’est un vent glacial honteux que livre David Ayer et son équipe aux spectateurs. Des personnages bafoués, une histoire digne d’une série B et un montage au firmament de la médiocrité. Un beau suicide cinématographique en somme.

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